journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
OCTOBRE 2017
la pierre qui flotte
Promenades dans Rome
par Laurent

On peut suivre la marche du ciel, mais il y a ce moment, où chaque chose se prend, à faire signe. Ce lieu, où l’on ne peut pas, reconnaître, la moindre trace des cours, des discours des parcours, des accomplissements.


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Choisir l’énigme, déambuler seulement les yeux, le cœur malhabile. Ne pas déchiffrer ce qui se trouve posé là, ne pas, chercher un ordre dans les traces, du temps, dans les blessures. Tu laisses pénétrer la lumière blanche de l’hiver. Rétine vierge. Capturer quand, l’image où tu ne serais pas nue ? L’image ainsi des pierres, inabouties.

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Tu composes le rêve pour le seul plaisir, du rêve et de son amnésie. Comme tu composes en idiome, la prose spontanée du miracle. Pas un instant tu n’as vu d’autre visage.

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Tant et tant de lieux pour mourir. Jambes muettes des étrangères.

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Théâtre de son nom. Raconte encore, la raideur de son ventre raconte moi, comment tu l’enveloppes, de tes lèvres, comment frémit la source raconte encore comment, ton visage ignore désormais les masques. Ou ne dis rien et laisse moi, dans l’ignorance de la vie.

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Tu opposes l’obstacle de ton corps à la vie elle-même. Ce qui est devenu insoluble au fil de tu ne sais quoi.

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Tu contourneras les ombres. Tu contourneras les passages naturels des arbres et des marbres. L’âge de chaque pierre est dit dans le murmure. Quelque chose saigne dans le ciel.

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C’est avec toi que je veux regarder les colonnes brisées, les colonnes debout. La nuit aussi, me réveille parfois d’une surprise matérielle. Comme ce que la vie aurait figé comme, le témoignage attendu.

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Ils t’ont cherchée et ce n’était pas ton visage pourtant, ta vie présente pourtant chaque instant, des éclosions comme ta voix présente, pourtant, comme le chant la danse la folie présentes. Tu t’étonnes des déambulations silencieuses de la pluie. C’est pas à pas mon âme. Pas à pas les secrets, accoutumés. Inconnue familière.

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Sexe des mots comme si la vie, comme si la mort même. Prénoms du verbe achevé. Nulle ne tiendra le rôle.

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Je veux ta peau dans les ruines ta bouche, dans les ruines. Je veux que tu me gardes dans les ruines, que tu laisses mes mains dans la chaleur, de ton souffle, dans les ruines dans la chaleur du jour. Je veux te voir ouvrir le désert de tes yeux les buées, de l’offense que tu perdes, le sens des mots que tu demandes, encore encore que tu trouves, l’orgasme dans les ruines.

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Tu regardes les faux trompe-l’œil.

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Marque-page de la mémoire, tu étais là, comme d’une fumée. Cherche le mot qui videra de sens, les paysages du jour. Cherche ce qui lavera le ciel, avant la neige.

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Jouer des contraintes du marbre. Voir dans le bloc, déjà l’existence charnelle. Et puisqu’elle est là, ne rien dévoiler d’autre que son extase. Tout le corps est ainsi présent. Ne cherche pas, d’autre mystère.

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Ceux des nuages magnétiques et ceux des eaux, proches lointaines où sont ils ? Tu n’as pas regardé les oiseaux.

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Tu feras l’expérience majeure. Que reste-t-il de l’instant prévisible que reste-t-il, des mots scandés ? Tu voudrais que ta poitrine, soit le réceptacle matériel, des douleurs, et la mémoire vive. N’y pense plus ce n’est rien, ce n’est qu’un mirage de plus.

*

On peut suivre la marche du ciel, mais il y a ce moment, où chaque chose se prend, à faire signe. Ce lieu, où l’on ne peut pas, reconnaître, la moindre trace des cours, des discours des parcours, des accomplissements.

Laurent Levy

Photo : "La grande soeur" Laurent Levy


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