journal des communistes de la Croix-Rousse depuis 1983
JUILLET 2017
Micheline Presle : L'Amour d'une femme (1953, Jean Grémillon)... et l'amour du métier
par Michel S

"Cinéaste courageux aux mauvais temps de l'Occupation - "Remorques" (1941), "Lumière d'été" (1943), "Le Ciel est à vous" (1944) - Jean Grémillon (1902-1959) connut, à la Libération, un itinéraire contrarié par les refus ou le sabotage de ses projets les plus ambitieux. Créateur engagé et militant - il fut président du Syndicat des techniciens du film et animateur du mouvement ciné-club -, Grémillon fut aussi une personnalité d'une compétence et d'une culture exceptionnelles qui le hissèrent à la direction de la Cinémathèque française de 1943 à 1958. Sa dernière fiction, "L'Amour d'une femme" (1953) fut une œuvre d'une intelligence et d'une hardiesse d'esprit inaccoutumées. L'échec public qui suivit mit, sans doute, un point final à une carrière malchanceuse... Retour sur un film qui "avait pu aborder une réalité toujours aiguë : la difficulté pour une femme de trouver sa place dans un monde fait par/pour les hommes." (B. Amengual). Au-delà, le film suggérait aussi l'amour d'un pays, d'une région, d'un métier et le juste équilibre à maintenir entre modernité et tradition. Un film précurseur ! "
JUILLET 2017
Lumineuse Jeanne !
par Michel S

Mais, comment oublier aussi Catherine, cette femme vive et gaie, dont s'éprennent deux amis inséparables, dans le Jules et Jim (1962) de François Truffaut ? Un personnage qui lui va comme un gant et que Jim (Henri Serre) définit ainsi : "Une apparition pour tous, pas une femme pour soi tout seul."

Ce texte a été écrit à la suite de la parution de l'ouvrage : "Jeanne Moreau, destin d'actrice" aux Editions Carpentier en mai 2016. Les auteurs étaient Stéphane Loisy et Jean-Luc Béjo.
JUIN 2017
La storia (1986, L. Comencini/E. Morante) : Uno scandalo che dura...
par Michel S

L'Institut-Lumière programme, dans le cadre d'une rétrospective Claudia Cardinale, une de ses plus mémorables incarnations, celle d'Iduzza Ramundo dans La storia de Luigi Comencini d'après le roman d'Elsa Morante. Retour sur une œuvre, un cinéaste et une romancière.
JUIN 2017
Formation du Regard ce week-end à l'Institut Lumière (10 et 11 juin)
par Michel S

Comme chaque année, l'Institut Lumière (Lyon) organise un week-end Formation du Regard destiné, avant tout, aux lycéens. Les films seront suivis d'une présentation puis d'un débat avec le public. Conforme à son ambition pédagogique - celle d'initier un public à l'analyse d'une œuvre -, le programme est forcément éclectique. Cinéma(s) d'hier et d'aujourd'hui ou cinéma(s) du réel et cinéma(s) de l'imaginaire s'y côtoient sans a priori, offrant l'image d'un art en évolution continue et complexe.
AVRIL 2017
Festival des cinémas du Sud - Lyon, 2017
par Michel S

Regard Sud et l'Institut Lumière organisent, comme chaque année, le Festival des cinémas du Sud. 17e du nom, il aura, comme marraine et comme invitée d'honneur, l'actrice et réalisatrice arabe israélienne, Hiam Abbass (La Fiancée syrienne, Les Citronniers, La Source des femmes...). Il débutera le mercredi 12 avril pour s'achever le 15. Les séances se tiendront à l'Institut Lumière. Neuf réalisations sont programmées, issues des pays suivants : Algérie, Arabie Séoudite, Egypte, Irak, Liban, Maroc, Palestine et Tunisie.
MARS 2017
Femmes entre elles (I)
par Michel S

Or, le 25 mars 1911 et, alors que l'on vient précisément d'honorer la Première Journée Internationale des droits de la femme, un incendie embrase un atelier textile de Triangle Shirtswait à New York, tuant 140 ouvrières, dont une majorité d'immigration italienne et juive d'Europe de l'Est. Voilà qui est profondément révélateur : femme, ouvrière et immigrée. L'oppression et l'exploitation en trois dimensions. De tous les films choisis ici, le légendaire Sel de la terre (1953, H. Biberman) est l'écho tangible de cette réalité et des luttes particulières à mener au sein du grand combat.
JANVIER 2017
La Femme de Jean (1974, Yannick Bellon)
par Michel S

Après avoir excellé dans de nombreux courts métrages (Goémons, 1948, Grand Prix à Venise ; Colette, 1950), Yannick Bellon réalise huit fictions, en l'espace de trente-cinq ans. C'est peu, mais néanmoins suffisant pour valider un talent remarquable. Abordant prioritairement des faits de société, elle opte pour une démarche sobre et soucieuse d'exactitude psychologique. En cela, elle rappelle l'Américaine Ida Lupino.
DÉCEMBRE 2016
Marcello Mastroianni : l'homme qui ne s'aimait pas
par Michel S

Le métier d'acteur est un métier de menteur qui permet de continuer à faire l'enfant pendant toute la vie. Jamais je n'aurais pu faire un autre métier." (M. Mastroianni).
NOVEMBRE 2016
Connaissez-vous Antonio Pietrangeli ?
par Michel S

Le Festival et l'Institut Lumière ont rendu, ces mois-ci, un bel hommage au réalisateur italien Antonio Pietrangeli (1919-1968) en projetant, à de multiples reprises, deux films en copies restaurées : Il sole negli occhi/Du soleil dans les yeux (1953) et Io la conoscevo bene/Je la connaissais bien (1965). L'un, situé en début de parcours, et l'autre, conclusion prématurée d'une carrière infiniment discrète, offrent cependant une vision cohérente et révélatrice d'un cinéaste injustement sous-estimé en France.
NOVEMBRE 2016
Grigori Tchoukhraï : les ailes de l'humanité
par Michel S

Ces trois oeuvres reflètent, à elles seules, un nouvel esprit dans le cinéma soviétique et toute la philosophie d'un homme pour lequel l'amour et la fraternité humaine valent bien plus que tous les discours idéologiques, à plus forte raison lorsque ceux-ci répercutent une vision tendancieuse de l'Histoire. Parmi les réalisateurs soviétiques, Tchoukhraï fut, par conséquent, l'un de ceux qui symbolisèrent le plus idéalement la période de déstalinisation (le "dégel", suivant le titre de l'illustre roman d'Ilia Ehrenbourg) consécutive au XXe Congrès du PCUS (Parti communiste d'Union soviétique).
OCTOBRE 2016
Festival Lumière 2016
par Michel S

Le Festival Lumière sera placé, cette année, sous le signe des femmes. Logique dans la mesure où, pour la première fois depuis sa création en 2009, une femme - l'actrice Catherine Deneuve - y sera couronnée du Prix Lumière 2016.
SEPTEMBRE 2016
Claude-Jean Philippe (1933-2016) : du cinéma plein les yeux
par Michel S

Décédé ce 11 septembre 2016, Claude Nahon, alias Claude-Jean Philippe, était, grâce surtout au petit écran, un des cinéphiles les plus passionnés qu'une génération - la mienne - ait pu admirer.
AOÛT 2016
La grande guerra (1959, M. Monicelli) : Ho lasciato la Mamma mia
par Michel S

Traiter sur le ton de la dérision une situation profondément tragique est, comme nous l'avons écrit, l'inclination souveraine du cinéma de Monicelli. De ce point de vue, l'entrée en guerre des armées italiennes, au cours du premier conflit mondial, avait de quoi capter l'attention du cinéaste. De plus, il abordait là un thème rarement évoqué par le cinéma et la littérature transalpines. Monicelli affirmait même ceci : "En Italie, il était prohibé, et pas uniquement au cinéma, également au théâtre, dans la presse, de parler de la Grande Guerre autrement qu'en exaltant ces soldats, ces héros, qui étaient allés se battre contre les Autrichiens pour reprendre Trente et Trieste." (J. Gili, op. cité).
AOÛT 2016
Cléo de 5 à 7 (1962, A. Varda) : belle en pure perte ?
par Michel S

Cléo de 5 à 7 est une oeuvre providentielle, incontestablement. Au coeur de ce trésor, se blottit une fine merveille que Cléo découvre chez Raoul, le compagnon de Dorothée (Raymond Cauchetier, lui-même photographe de plateau et projectionniste) : ce sont Les Fiancés du Pont MacDonald, burlesque muet, où Jean-Luc (Godard) aux allures d'Harold Lloyd et aux côtés d'Anna (Karina), jette dans la Seine ses lunettes de soleil qui l'empêche de voir l'existence autrement qu'en noir. Plus qu'un symbole ("le film chéri de la Nouvelle Vague"), Cléo de 5 à 7 est un hommage aux vertus du cinéma.
JUILLET 2016
Affreux, sales et méchants (1976, Ettore Scola) : les pauvres dérangent
par Michel S

En même temps, Scola propose un regard sensiblement autobiographique sur le monde du spectacle et de la communication. En vérité, nous sommes invités à scruter les deux visages d'une identique et sombre réalité : l'échec italien en lieu et place du faux-miracle économique annoncé par les élites au pouvoir. Le constat mélancolique, prononcé au cours de C'eravamo tanto amati/Nous nous sommes tant aimés, "Nous voulions changer le monde et c'est le monde qui nous a changés" pourrait s'énoncer dans "Brutti, sporchi e cattivi" de cette manière : "Nous étions pauvres et dignes, le monde nous a rendus misérables et méchants." Cependant, la malédiction colle à la peau des protagonistes d'Affreux, sales et méchants : pauvres ils sont, pauvres ils resteront. De quelque façon que ce soit - avec fierté ou sans fierté - les pauvres gêneront toujours. D'où mon titre : les pauvres dérangent.
JUIN 2016
In Jackson Heights (2015, Frederick Wiseman) : la balade d'un observateur
par Michel S

"Qu'est-ce que l'égalité dans le grand système démocratique de ce pays ? ... L'égalité c'est les riches d'un côté, tous les pauvres de l'autre ; moi, je suis dans le camp des pauvres, et vous vous êtes la loi. Si rien ne change, il n'y aura plus d'Etats-Unis d'Amérique." (un protagoniste dans Welfare, 1975).
MAI 2016
The Searchers (La Prisonnière du désert, 1956) de John Ford : la quête d'Ethan
par Michel S

L'Institut Lumière de Lyon programme, le week end du 6/05 au 8/05/2016, le chef-d'oeuvre du réalisateur américain. Un western prémonitoire d'une beauté incomparable. Le constat a déjà été fait : The Searchers élabore un champ inépuisable de contradictions qui sont au coeur de l'édification du mythe américain. Ford pousse ici son exigence à son achèvement total : plastiquement le plus abouti de tous ses films, La Prisonnière du désert est aussi le ferment idéologique le plus nourricier d'une oeuvre exceptionnelle, celle d'un cinéaste fondamental que Fellini définissait ainsi : "Un créateur à l'état brut, sans préjugés, sans recherche, immunisé contre les tentations de l'intellectualisme."
AVRIL 2016
Vergine giurata (2015, Laura Bispuri), vergine per scelta ?
par Michel S

"Les conditions et les nécessités de base sur lesquelles cette société a été formée a maintenu ce phénomène social des vierges jurées : ce phénomène existe non pas comme un vestige, mais comme une expression des différentes stratégies économiques de cette société patriarcale." (M. Bajraktarovic, The problem of Tobelje, Belgrade, 1966).
AVRIL 2016
16e édition Cinémas du Sud, Lyon 2016
par Michel S

Le Festival Cinémas du Sud 2016, organisé conjointement par l'association Regard Sud et l'Institut Lumière de Lyon, se tiendra du mercredi 27 au samedi 30 avril dans le cadre de l'Institut. Comme les habitués le savent désormais, le festival explore les nouvelles réalisations des pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Ces films sont aussi un révélateur des problèmes et des drames, mais aussi des espoirs et des aspirations des peuples arabes. La vocation première du Festival n'est-elle pas de rendre compte de la diversité des cinémas du Moyen-Orient ? Quoi qu'il en soit, l'édition 2016 ne nous décevra pas : nous en sommes convaincus !
MARS 2016
Le 23 mars, réouverture à Lyon du cinéma CNP Terreaux
par Michel S

Bonne nouvelle pour les cinéphiles lyonnais : après la Fourmi et le CNP Bellecour, le CNP Terreaux, rue du Président Herriot, réouvre.

MARS 2016
Il conformista (1970, Bernardo Bertolucci) : Marcello sei fascista ?
par Michel S

Rappelons, entre autres, la confession de Jean-Louis Trintignant : "Là, c'est le chef-d'oeuvre. Certainement le plus beau film auquel j'ai participé. Cela m'a coûté cher, m'a déchiré. Je ne crois pas que des films de ce niveau puissent se faire dans la joie et la détente. Tous les films de Bertolucci se sont fait douloureusement, ceux de Maurice Pialat aussi".
JANVIER 2016
White God (2014, Kornel Mundruczo) : Oh, My Dog !
par Michel S

"J'ai eu honte [...] d'être là, et lui, derrière les barreaux. Je fais partie d'un système pourri et je le perpétue. C'est là où j'ai compris que je tenais un moyen pour refléter ma société. [...] Les chiens sont la métaphore parfaite pour représenter toutes les minorités." (K. Mundruczo).
DÉCEMBRE 2015
Refugiado (2014) de Diego Lerman : le désarroi d'une mère
par Michel S

En ayant en tête, néanmoins, qu'un film ne saurait être un discours, ni une analyse mais surtout l'état d'âme d'un monde défiguré par des siècles d'éducation patriarcale rigide. Le film de Diego Lerman restreint son propos au seul constat d'une réalité accablante. Mais, elle n'est pas très appréhendée dans le cinéma d'ici et d'ailleurs non plus. Raison pour laquelle l'entreprise du réalisateur argentin mérite d'être signalée.
DÉCEMBRE 2015
Una giornata particolare : inquilini confinati*
par Michel S

"En somme, mon intention était de proposer Mastroianni et Loren hors des schémas à l'intérieur desquels ils ont été utilisés, hors de cette glorification du sexe qui est une des conditions du marché cinématographique. (...) Ainsi, le discours du marché cinématographique ressemble étrangement à celui qui existe dans Una giornata particolare : les deux personnages sont victimes d'un autre marché, le marché fasciste qui vendait l'idéologie du mâle supérieur et de la femme subalterne et soumise."
NOVEMBRE 2015
Joe Hill (Bo Widerberg, 1971) : Du pain et des roses/Bread and Roses
par Michel S

Ni passéiste, ni trop uniment lyrique, ni simplement didactique, Joe Hill nous le proclame en termes si justes que l'on en est tout ragaillardi : nous luttons non pour un avenir radieux, pas plus pour un horizon chimérique que pour des intérêts vils et mesquins, nous luttons parce qu'il faut lutter et que notre vie d'homme (et de femme bien sûr) en dépend.
OCTOBRE 2015
Le sel de la terre (1953) : la lutte continue
par Michel S

" Vous voulez savoir pourquoi je suis communiste, regardez Le sel de la terre ! "
OCTOBRE 2015
Philippe Faucon : le coeur entre deux rives
par Michel S

Cinéaste d'une intégrité absolue, Philippe Faucon nous incite à ne pas voir la réalité d'une façon univoque et à fouiller sans relâche les clairs instants de vérité que les médias, insatiables pourvoyeurs de spectacles-chocs, occultent.
SEPTEMBRE 2015
Hommage : Costa-Gavras, cinéaste politique
par Michel S

Une rétrospective est toujours une occasion rare de découvrir une oeuvre dans sa globalité. Cette totalité permet également d'en saisir des ramifications jusque-là peu explorées. Les films, les romans ou les écrits d'un auteur communiquent par d'intimes couloirs souterrains : Franz Kafka en soutenait l'idée. S'agissant de Costa-Gavras, la notion d'absurdité, inhérente au système totalitaire et à l'auteur du Procès, traverse en filigrane L'Aveu - le titre est significatif -, Section Spéciale (1975) et Hanna K (1983).
SEPTEMBRE 2015
Lacombe Lucien : une histoire française
par Michel S

Vous comprendrez pourquoi notre titre est ambigu. Fallait-il y rajouter un point d'interrogation ? Certes pas. Car, il s'agit, sans coup férir, d'une histoire française. Aujourd'hui, se projettent sur la scène du monde, ombres funestes et destructrices, des histoires françaises qui aboutissent en d'autres contrées. Et s'abîment parfois chez nous. Leurs anti-héros, Français eux aussi, n'ont plus, tout à fait, les mêmes noms, ni les mêmes origines qu'un Lacombe Lucien. Mais le drame demeure le même. Lacombe Lucien, un récit d'hier pour aujourd'hui.
JUILLET 2015
Le labyrinthe du silence : la déchirure est trop grande ...
par Michel S

Le cinéma allemand affronte l'histoire de son pays avec courage et maturité. Récemment encore, Phoenix de Christian Petzold suivait le retour en sa demeure d'une rescapée des camps de la mort. Margarethe von Trotta, cinéaste chevronnée, vient, quant à elle, de réaliser Die Abhandene Welt/Le Monde perdu, oeuvre nettement autobiographique. Toutefois, c'est surtout Le Labyrinthe du silence (Im Labyrinth des Schweigens), premier long métrage de l'acteur Giulio Ricciarelli qui, de ce point de vue, marquera les esprits.
MARS 2015
Compagnie Excès Terra
par Stéphane et Philippe

Dialogue avec Judith Wiart et Olivier Perriraz

Excès Terra Cie est un collectif créé en 2005 et localisé rue des Fantasques sur les pentes de la Croix-Rousse. Il mêle plusieurs artistes et techniciens unis pour un projet artistique commun. Les valeurs de l’éducation populaires sont au cœur de notre démarche et le théâtre est notre outil permettant la critique constructive de la société et le questionnement sur ce qui agite le monde d’aujourd’hui. A travers des œuvres contemporaines et classiques, notre volonté est d’aller à la rencontre de tous les publics, et particulièrement ceux les plus éloignés des équipements et événements culturels, et de partager avec eux notre regard sur nos sociétés.